Compagnie A Corps & A Cris

Je vais tuer Britannicus


  • Du 23 au 26 mars 2014
  • Mise en scène : André Lenoir
    Lumières : Véronique : Veyser-Nogueras
    Vidéos : Yann Ledos
    Comédien : Dimitri Lamoureux

    Note d’intention

    L’invitation du comédien à mettre en jeu Théâtre Roman d’Aragon est un défi jubilatoire.
    Dans ce dernier roman, le poète fait se rencontrer l’Acteur et le Vieux - image de lui-même à l’approche de l’obscurité. D’abord ce fut une mise à plat de fragments choisis pour une première mise en échos. Surgissement de fantômes qui prennent place dans le mécanisme créateur naissant : l’Ami disparu, Artaud, Ferré, Perros, Godard.

    Les insomnies de l’Acteur et ses ombres vont se confronter dans un jeun critique où certaines s’interposeront.
    De ces matériaux composites vont naître miroirs et contrastes, tensions et distensions qui trouveront leur brèche sur le plateau. L’expérimentation critique va permettre aux fragments de chercher leur présence dans la géologie scénique.
    Donner au comédien l’espace pour faire jaillir l’énergie, le placer dans la circulation pour que le personnage respire dans toute sa poésie, malaxe les mots du poète avec gourmandise. Créer les allégories, les métaphores.

    Métamorphoser le plateau en créant de petits espaces, en les multipliant, en les éclatant jusqu’à l’achèvement ou le vide sous le verbe et le corps en acte du comédien.
    Ce corps, transfigurer par les mots du poète, agit sur les éléments scéniques.
    L’image viendra rencontrer ces mouvements en s’inscrivant sur ces éléments, soit pour s’y installer dans sa totalité, soit pour s’y fragmenter pour accompagner l’écriture, elle est partenaire du chant à capella en contrepoint ou précède le verbe prononcer par le comédien.

    Et gommer le superflu, le gras, le complaisant, le déjà-vu, pour tenter d’approcher le cri, la parole chuchotée, les présences qui libèrent les personnages.
    Le comédien, à l’épicentre de ces forces magnétiques, est le passeur entre les personnages de fiction : il les fait vibrer devant lui comme l’écran recueille les images. Il jongle entre les multiples figures qui se répondent les unes aux autres entre les trous, les silences.

    Et c’est le cri de Marat/Artaud qui hurle : « Ferme le rideau, nom de dieu ! »

    André Lenoir




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