Cie Cox Igru - Nadège Perriolat

Et Suzy Vagabonde


  • Du 28 mars 2010 au 4 avril 2011
  • comédienne I sur une idée originale de Nadège PERRIOLAT
    associée à la mise en scène Christine SOLAÏ
    direction technique Johanna MOALIGOU
    jeu d’acteur Amande BERLOTTIER

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    « Et Suzy vagabonde » est un solo de théâtre composé de plusieurs figures : c’est une solitude peuplée.
    Son thème majeur est le monstre et les thèmes qui en découlent, le corps et la cartographie. Le mode de jeu sera certainement celui du clown type « beckettien », éventuellement celui du bouffon.
    Pour abonder dans les sens du thème, ce solo utilisera des fragments de plusieurs auteurs, notamment de théâtre contemporain, mais aussi de romans plus anciens, des poèmes et même des blagues !
    « Isoler des parties, les rendre indépendantes, afin de leur donner une nouvelle dépendance », disait Bresson. Ce parti pris est non seulement le plus approprié pour traiter du monstre mais il s’est avéré être aussi celui du processus d’élaboration de « Et Suzy vagabonde » ; forme et fond se confondant.

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    Note d’intention

    « J’ai toujours senti que le corps et la pensée étaient sempiternellement en devenir, en mouvement : impossible d’arrêter et de figer les choses, impossible de fixer une identité - au risque même d’un rapport douloureux- la vie étant bien plus folle, bien plus tumultueuse !
    Alors que peut un corps ? Que peut un cerveau ?
    Le corps en jeu – à la croisée du quotidien, du micro et du macro-politique – crée de multiples corporéités...
    Mes corps de circassienne, de danseuse, de comédienne deviennent un corps-outil, voire un corps-arme, pour conjurer le corps standardisé, dévitalisé de ce début de siècle.

    Je n’envisage pas la monstruosité, dans ce solo, sous l’angle du prodigieux / merveilleux, ni du spectaculaire / exhibitionniste (les spectacles de foire d’antan), ni du technologique (création de cyborg et autres hommes post-humains).
    Non. Même si je vais frôler ces figures...

    Primo, il s’agit plutôt de faire de ce thème une multiplicité, déjà induite dans le thème et donc à dévoiler : c’est l’immanence.

    une corporéité I un texte I des accessoires I une lumière I un espace
    une figure I un numéro I une situation

    Deuxio, je vais plutôt également tenter de faire une « démonstration » (étymologiquement parlant) de monstres d’ordre incorporel.

    Foucault : « Tout ce que nous éprouvons sur le mode de la limite ou de l’étrangeté ou de l’insupportable aura rejoint la sérénité du positif et ce qui pour nous désigne actuellement cet extérieur risque bien un jour de nous désigner. Restera seulement l’énigme de cette extériorité ».

    Alors je ne sais pas si ce jour est déjà là, mais à travers ce solo, une de mes volontés est de faire sentir que la distance qui sépare les figures monstrueuses du spectateur n’est pas grande – comme on voudrait bien nous le faire croire -, pour peu qu’on veuille bien le voir...

    Au long de ma pérégrination pour « Et Suzy vagabonde », j’ai débusqué des textes de catégories différentes – Soudaïeva, Luca, Hubaut, Tarkos, Novarina, et d’autres à venir, ils ont en commun de faire valser le corps, « danser l’anatomie humaine », « délirer la langue ». C’est donc le mouvement incessant de figuration / défiguration.

    D’un point de vue dramaturgique, ces corps parlants et muets, en mouvement, en déshérence vont-ils se contaminer jusqu’à faire apparaître un ensemble stupéfiant, un espace anarchique ? Le monstre, en tant que figure, est-il un « chantier, une carte à construire », à expérimenter ? Ces figures monstrueuses sont-elles des phénomènes de cirque, ou autres bêtes de scène : clowns, acrobate, dresseur, équilibriste en proie aux éléments, à la matière ? Des figures mythologiques à la dent dure, finalement plus réelles qu’utopiques ? Des figures angéliques, hors-temps, cauchemardesques ?

    Difformation I réification I marionnettisation I jeu I magie I délire …

    Une de ces figures, en tous cas, va permettre de (dé)couvrir l’espace, comme écartelée, de décloisonner, faire relais entre les parties / figures, mettre en lumière de manière tangible l’espace composite. C’est celle d’un Monsieur Loyal, face sobre et anonyme, figure-motif, elle marche. La marche, dans les sens francique et germanique, signifient « pays frontière » et « signe marquant une frontière ».

    Une de mes volontés donc est que ce signe, en fait ligne de craie sur la surface, écriture au bâton, indissociables de la lumière, soit celui du contour d’un ensemble : il réunit les figures / « dé-figures » et les espaces pour conjurer la fragmentation, la stratification et la dévitalisation (des hommes et de l’espace). »

    Nadège Perriolat

    coproduction cie Cox Igru (Toulouse, 31) , L’Usine (Tournefeuille, 31)
    avec le soutien de MixArt Myrys (Toulouse, 31)

    Cie Cox Igru
    46 rue Jean Gayral 31200 Toulouse_France_06 72 94 17 96 cox.igru yahoo.fr




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