Accueil : Studiolo et expositions Aimable Jayet, André Robillard et Georges Pacheco

« Encore heureux… »


  • Du 21 au 24 mars 2013
  • Du 11 au 13 avril 2013
  • Ouverture du Studiolo et des expositions jeudi 21 mars à partir de 10h

    « Qu’est-ce qu’une institution ? », se demandait François Tosquelles à propos du travail engagé à l’hôpital de Saint-Alban : « Si on nomme institution l’établissement hospitalier, alors on ne sait pas ce que ça veut dire… Une institution, c’est un lieu d’échanges, avec cette possibilité d’échanges avec ce qui se présente ; d’une façon excessive, on peut dire que c’est un lieu où le commerce, c’est-à-dire les échanges, devient possible. »
    Comment faire place à ce qui se présente, rendre possible des échanges ? C’est en partie pour prolonger cette intention que ces journées, qui s’étendront d’une manière encore à inventer jusqu’au mois de juillet, débutent par un accueil le jeudi 21 mars à partir de 10H : pour commencer à faire connaissance, cheminer dans La Fonderie, visiter les expositions, prendre un café, poser et préparer des moments de parole, imaginer la suite, partager les besoins quotidiens…
    « Encore heureux…  » ? De se demander quelles institutions nous voulons, d’éplucher des légumes pour la soupe du soir, d’organiser une discussion, de former un orchestre éphémère… Au bout de ces journées, constituer un regard peut-être. Ou simplement se mêler aux besoins de nombreux « autres », si d’aucuns avaient encore le sentiment d’exister en personne.

    Studiolo
    Le Studiolo , un centre de ressources en forme de boussole, à partir de ce qui existe et avec : des étagères, une table, des fauteuils. Avec la participation du café-librairie Michèle Firk et du Collectif Précipité , en association avec L’herbe repousse entre les dalles .
    <media527|embed|center>La librairie d’un théâtre, c’est souvent là où l’on peut venir acheter l’édition du texte que l’on vient d’entendre pour l’emporter chez soi. Mais si ce qu’on vient d’entendre est encore à venir (parce qu’il s’agit de parcours et d’expériences en train de se constituer) alors l’enjeu devient autre : rassembler les fragments de ce qui reste encore à l’état d’ébauche, n’a pas forcément trouvé sa fin, et dont le sens revient au collage avec d’autres ingrédients. Des fragments : ce peut être un texte bref au milieu d’un roman de 250 pages et que l’on aimerait partager : l’histoire du hareng, du pain et du cinéma dans Les hommes et les autres par exemple. Un article photocopié dans un journal que l’on préférerait lire à plusieurs. Une photo découpée dans un magazine ou conservée dans la mémoire de son téléphone, un dessin ou une simple page recopiée dans un ancien numéro d’une revue trouvée chez un bouquiniste. Certaines « feuilles de choux », ces journaux d’un jour et d’un lieu que l’on retrouve difficilement dans les archives, savent très bien rassembler ces élements fragmentaires, à la manière d’un carnet de note mais collectif.

    Bref. Comment appeler un lieu où, pendant les journées Encore Heureux, on pourrait venir déposer un texte et feuilleter un livre, laisser un dessin ou en recopier un, poser un tract ou un poème et repartir avec cent, acheter un roman ou noter la référence d’un livre introuvable ? Mais aussi déposer le dernier numéro du journal d’un lieu de soin, le programme d’un atelier lecture organisé dans un centre de jour, les brochures d’un ciné-club organisé par un GEM dans un vrai cinéma, le récit d’une expérience d’accueil de précaires à Toulouse (le CREA) ou un entretien inédit entre Jean Oury et Lucien Bonnafé… Ou encore : écouter sur un petit poste CD la discussion que l’on vient de réaliser avec des acteurs amateurs, un document radiophonique sur Deligny, des extraits de radio galère ou de radio citron, la playliste de l’intempestive.net & autres impromptus, ou bien la lecture publique d’un texte de Marguerite Duras, la Pluie d’été : l’histoire d’enfants d’une banlieue pauvre qui ne veulent plus remettre les pieds à l’école.

    Est-ce que cela s’appelle encore une librairie ? - Pas tout à fait. Une biblitothèque ? – Sans la perspective d’exhaustivité qui la définit. Un centre de ressources ? – Un mot qui rappelle peut-être trop l’entreprise. A moins de penser au « C.E » de Peugeot-Montbelliard en 1980, avec ses livres qui passent de main en main et son local au milieu de l’usine... Un cabinet de curiosités ? Un peu. Une table documentaire ? Oui, avec des sièges, des crayons et une photocopieuse à proximité. Des gens qui parlent, des affiches suspendues à un fil au bout d’une pince à linge. Pour faire espace aussi à ce qui ne peut se dire. Et dessiner la carte des journées Encore heureux… devant des étagères en désordre dont les ingrédients se relient peu à peu.
    On a fait appel au Café-Librairie Michèle Firk pour penser ce petit espace à construire qui siègera à la Fonderie du 21 au 24 Mars, et du 10 au 13 avril pendant l’accueil de la troupe de La Tempête. Peut-être au-delà, ailleurs, et sous une forme encore différente.
    Le café-librairie Michele Firk, c’est un café et une librairie, à Montreuil en banlieue parisienne. Donc un lieu, dont on pourrait dire que le fond s’articule aux besoins de ceux qui y passent, et la forme à l’envie de perdre du temps à plusieurs entre les livres. Un lieu de parole donc, un verre à la main, pour fabriquer des ponts. Car au fond ces rencontres Encore heureux tournent autour de ça : inventer ou réinventer sans cesse des lieux de paroles que sont en principe un plateau de théâtre, un lieu de soin, une librairie, un café, un club ou un collectif.
    /Studiolo sera également présent du 10 au 13 avril/][/L’atelier Studiolo /] Pour proposer des documents, écrire à [bleu]michelefirk riseup.net[/bleu]

    Expositions
    - Aimable Jayet
    Les victimes mortes se vengent très bien…
    [/ Phrase d’Aimable Jayet/]

    [/A propos d’Aimable Jayet par Christophe Boulanger/]
    OD : En ce qui concerne l’hôpital de Saint-Alban, trouve-t-on l’empreinte du lieu et de son quotidien dans la production de Jayet ?
    CB : J’ai collecté avec le temps, au sein de l’œuvre de Jayet, des noms et représentations de soignants ou de patients, ce qui peu à peu fournit des indications sur son quotidien et celui de l’asile. Il y a par exemple le nom d’un gars, Marcel Sains, un patient de l’hôpital haut en couleur, qui recevait un abonnement à un journal littéraire en tant que Père Missionnaire à Saint-Alban. Eh bien ce Sains, que je sais maintenant camarade de pavillon de Jayet, est un des contributeurs les plus actifs et intéressants du journal de l’hôpital Trait d’Union. Il est riche de mettre cela en relation avec le « grand journal » constitué par les écrits et les dessins de Jayet. Je dois organiser ce faisceau de traces ténues du quotidien, de la dimension asilaire et du contexte spécifique de Saint-Alban, mais là-dessus il faut être prudent afin d’éviter de sur-déterminer la vision. Il y a beaucoup de monde à Saint-Alban pendant la guerre. Même bien informé de la vie de son « quartier », Jayet reste, la plupart du temps, dans son dortoir et entasse ses ouvrages dans une caisse sous son lit. On pourrait dire qu’on retrouve la structure de l’asile sous son lit. Jules Leclercq, à l’asile d’Armentières à la même période, stockait ses broderies de manière analogue.
    [/Extrait d’un entretien avec Olivier Derousseau paru dans Chimères n°78, Soigne qui peut (la vie) /]

    - André Robillard (Collection Tuer la misère)
    André Robillard est né en 1931 au lieu dit « la mal tournée ». Il entre en 1939 à l’école annexe du Centre hospitalier Georges Daumezon de Fleury-les-Aubrais. Dans cet établissement, marqué par la naissance de la psychothérapie institutionnelle, sous l’impulsion notamment de G. Daumezon puis de Roger Gentis, André Robilllard a acquis un statut d’auxiliaire en travaillant dès le début des années soixante pour la station d’épuration de l’hôpital ; c’est ainsi qu’il trouve une forme d’autonomie tout en continuant à vivre dans l’enceinte de l’hôpital. Cette époque a correspondu avec la fabrication des premiers fusils et la réalisation de dessins ; il vit toujours à Fleury-les-Aubrais, dans une maison indépendante, entouré de ses oiseaux. 
    Les premiers fusils datent de 1964 ; confiés par le docteur Paul Renard à Jean Dubuffet, ils ont circulé quelques années dans les Collections de l’art brut encore nomades, avant d’atterrir à Lausanne où le musée a ouvert ses portes en 1976. Depuis lors André Robillard n’a eu cesse de construire de nouveaux fusils, présents dans de nombreuses collections à travers le monde, dont celle notamment de l’Aracine (LaM - Villeneuve d’Ascq).
    Collection Tuer la misère
    Les fusils, dessins et sputniks de la collection Tuer la misère ont été réalisés dans le prolongement et autour des spectacles Tuer la misère et Changer la vie, hors de chez André Robillard, dans une sorte d’atelier mobile, à la périphérie du travail scénique de la compagnie Les endimanchés, depuis un premier séjour à La Fonderie en mars 2008.

    - Georges Pacheco
    Georges Pacheco vit entre Le Mans et Arles. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles ainsi qu’en Psychologie de l’art à l’Université Paris X, il se consacre, depuis plusieurs années, à scruter en profondeur les conditions humaines. Adaptant ses approches aux différentes problématiques qu’il traite, il essaye de poser un regard engagé sur le genre humain. Son implication et la proximité qu’il crée avec les personnes qu’il photographie sont autant de nécessités, pour lui, d’éprouver et de questionner l’autre. Depuis 2001, Georges Pacheco expose régulièrement en France et à l’étranger.






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