Fjeldfuglen (L’oiseau de Montagne)-Opéra romantique

Compagnie Norvégienne Grusomhetens Teater (Théâtre de la cruauté)


  • Vendredi 8 octobre 2010
  • Samedi 9 octobre 2010
  • à 19h30 - Entrée 5 euros

    A l’issue des représentations
    le 8 octobre : Causerie autour d’Antonin Artaud et de leur travail avec le Grusomhetens Teater
    le 9 octobre : Dialogue entre Bernard Poulelaouen du CPFI et le Grusomhetens Teater autour des instruments traditionnels norvégiens : langeleik, hardingfele et seljefløyte.
    mis en scène Lars Øyno
    scénographie Tormod Lindgren
    musique Filip Sande costumes Gjøril Bjercke Sæther
    lumière Jan Skomakerstuen & Marianne Thallaug Wedset
    régie plateau Janne Hoem technicien Thomas Sanne
    avec Hege Tunaal, Miguel Emilio Dobrodenka Steinsland, Odille Heftye Blehr, Jimmie Jonasson, Nina Eileen Sponnich, Stig Zeiner-Gundersen, Silje Breivik, Hanne Dieserud
    fløutes et percussions Lars Pedersen langeleik, klokkespill
    hardingfele Laura Ellestad

    C’est le premier passage en France de cette compagnie qui vit et travaille à Oslo et présente ses travaux dans de nombreux pays étrangers.
    « L’oiseau de Montagne » est leur 17e création.
    Le nom de la compagnie se veut un hommage à Antonin Artaud, une relation constante à sa vision d’un théâtre anatomique : « Nous n’essayons pas de reproduire un monde réaliste et reconnaissable, mais de toucher le cœur de toute expérience authentique, vivante » Artaud cherchait à réveiller ce que l’homme occidental a oublié, comme la vitalité inhérente à la nature.
    « L’oiseau de Montagne » fut commencé puis délaissé par Ibsen en 1859, comme un livret d’opéra, inachevé, encore à l’état de manuscrit, jamais mis en scène. La première mondiale a été donnée à Oslo en avril 2009 par Grusomhetens Teater.
    Des éléments du manuscrit ont été plus tard développés dans Peer Gynt et d’autres œuvres.

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    Loin d’être une pièce de théâtre, l’Oiseau de Montagne n’est pas non plus un jeu de chant typique du romantisme national tellement apprécié à l’époque d’Ibsen. Ce libretto est tout d’abord caractérisé par une langue grandiloquente et poétique qui se marie parfaitement avec la chanson et la musique. Les répliques dans l’Oiseau de montagne sont brèves et succinctes. L’échange entre les éruptions violentes du choeur et les parties solos explicatives et poétiques y est permanente. Ibsen a de toute évidence écrit ce texte comme un libretto est non comme un texte dramatique ordinaire.

    Le spectacle intègre comme un élément actif le fait qu’Ibsen n’ait jamais fini ce libretto. La ligne directrice de ce drame s’inspire de la légende de Jostedalsrypen, (qui raconte l’histoire de la seule survivante de la peste noire dans le village de Jostedal), transmise dans de nombreuses versions. Le conflit principal de l’oeuvre d’Ibsen émerge de la rencontre entre les villageois et le peuple appelé Hougfolk. Les Hougfolk est un peuple libre et proche de la nature, leur musique appartient à la forêt et à la montagne.
    Le cortège de mariage, (les villageois) parti en montagne à la recherche du marié disparu, représente l’humain comme un animal de meute. Cette communauté éprouve du mépris et de la crainte envers tout ce qui est primitif, eux même se représentent comme une bourgeoisie soignée. Cette crainte du mystique est liée à son côté irrationnel. La magie chez Hougfolket vient de l’intérieur, une façon intime d’aborder la vie qui a été perdu au nom de la rationalité. L’Oiseau de montagne symbolise ainsi la liberté. Ce spectacle qui se présente sous forme d’opéra, s’efforce de souligner le côté rituel de sa thématique.
     
    Il y a quelque chose de non-dit, d’inconnu et d’invisible. Petites traces d’un passé que peu connaissent encore. Le choix d’utiliser rosemaling (de la peinture décorative), de la sculpture sur bois et de la broderie comme parties de la scénographie et des costumes, crée un lien avec les traditions tout en les interrogant. Parallèlement, on s’interroge sur le minimalisme stérile qui étouffe l’espace public norvégienne.
    Filip Sande, Elisabeth Sødal et Tormod Lindgren





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