Le Retable de Séraphin

Les artistes du cirque Séraphin n’ont pas de chance.
Depuis des années qui seront bientôt incalculables le directeur s’entête à dormir.
C’est une malédiction, une vraie.
La malédiction du Grand-Nono.
Une diseuse de bonne aventure a prédit au directeur qu’il découvrirait le secret du Grand-Nono.
Mais il lui faudrait rêver, rêver.
Comme le directeur a déjà dormi tout son sommeil et qu’il n’a encore rien trouvé, il dort le sommeil des autres.
On ne reconnait plus ni le jour ni la nuit.
Alors les artistes, qui n’ont plus de sommeil à eux, rêvent les rêves du directeur, Jusqu’au jour où… Crac ! Ils ne sont que des rêves eux-mêmes.
Des rêves à taille de clown... on est ce qu’on est.
D’ailleurs ça ne fait pas rigoler le directeur qui n’a que ça sous la main.
Et puis il y a que le directeur s’obstine à voir partout le bout du monde.
Si bien qu’il y a toujours un bout du bout, une fin de la fin qui n’en finit jamais.
Parce qu’on est jamais que d’un côté ou de l’autre.
Mais voilà le secret du Grand-Nono, il est coincé entre les deux côtés,
et quand le rideau se lève, on n’est jamais sûr de regarder du bon côté, ni même s’il y a quelque chose à voir.
Alors de temps en temps on se console en chantant la ballade du Grand-Nono, et repart la charrette ailleurs
Là-bas au bout du monde.


Mise en scène et scénographie : François Tanguy

Avec Laurence Chable, Jacques Coudert, François Tanguy